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SESAME 2013

1ère Séminaire international SESAME

Eau et sécurité alimentaire Le défi vital de la Méditerranée
Montpellier, Agropolis international, 21 et 22 février 2013

NOTE DE PRESENTATION

Problématique et objectifs



Il y a 40 ans, le Club de Rome alertait sur les risques des évolutions planétaires. Si ses conclusions ont été alors jugées trop alarmistes, la raréfaction et la dégradation des ressources naturelles conduisent bien pourtant aujourd’hui à une montée des risques, imposant de véritables changements de paradigmes dans nos visions du progrès humain. Le G20 (Cannes, Novembre 2011) s’est notamment inquiété de la question de l’eau et de la sécurité alimentaire. Face à une montée des problèmes qui peut conduire à des instabilités sociales et politiques et à des migrations de grande ampleur, de nouvelles « réponses » sont en effet nécessaires.

La question est à la fois locale et globale. Les ménages vulnérables et les pays pauvres en ressources sont en effet touchés, directement par la dégradation des écosystèmes et des ressources, et, indirectement, car les problèmes de sécheresses, d’inondations, d’érosion, de surexploitation et gaspillages des ressources, contribuent au nouveau déséquilibre offre/demande, et donc à la montée des prix mondiaux. Or, la population mondiale va encore s’accroître d’un milliard d’ici 2027. La crise alimentaire de 2007-2008, qui a conduit à des émeutes dans 37 pays, doit par conséquent être considérée comme une alerte précoce.

Le 6ème Forum mondial de l’eau, tenu du 12 au 17 mars 2012 à Marseille, a été l’occasion d’un progrès. Il a notamment donné lieu à la préparation et présentation du rapport « L’eau et la sécurité alimentaire. Face au changement global, quels défis et quelles solutions ? Contribution au débat international » et à la tenue de 2 panels de haut niveau. Le rapport alerte sur la montée des risques et met en exergue 40 exemples concrets de solutions.

La Méditerranée est peut être la région du monde la plus concernée car :
- elle regroupe la plus grande part de la population mondiale en situation de pénurie d’eau,
- la ressource est rare au sud et à l’est, là où la croissance démographique reste encore forte et là où les besoins sont les plus grands,
- les problèmes de non durabilité (surexploitations, érosion et désertification, salinisation, étalement urbain,…), de sécheresses et de déséquilibres territoriaux entre littoraux convoités et arrière-pays ruraux marginalisés sont de grande ampleur,
- les sociétés et les écosystèmes sont et seront touchés de plein fouet par le changement climatique,
- pratiquement plus aucun pays « méditerranéen » ne peut seul assurer sa sécurité alimentaire et la situation de pénurie va encore s’aggraver fortement.

Des solutions prennent cependant forme et pourraient être multipliées. Celles-ci, d’abord locales et nationales, visent à mieux sécuriser, gérer et valoriser les eaux bleues et vertes des territoires, base productive de l’agriculture irriguée et pluviale, et à sécuriser l’accès à l’alimentation des ménages vulnérables.

Les solutions pourraient aussi être de niveau régional. En effet :
- L’Europe et le sud et l’est méditerranéens, en forte interdépendance (environnement, migration, commerce, tourisme, économie), partagent un destin commun : des crises hydriques et alimentaires graves au sud et à l’est se répercuteront sur tout l’espace euro-méditerranéen.
- Les pays méditerranéens des 3 rives ont pour eux beaucoup de problèmes et d’atouts communs : ils peuvent donc gagner au partage régional des expériences.
- Des complémentarités pourraient être trouvées au niveau euro-méditerranéen entre pays riches et pauvres en ressources pour, à la fois, mieux sécuriser les approvisionnements en céréales et mieux restaurer et valoriser les écosystèmes méditerranéens.

Un nouveau « deal » pourrait ainsi être recherché dans un intérêt mutuel bien compris.
Ces sujets nécessitent d’être débattus avec la hauteur de vue nécessaire afin de produire des analyses utiles tant au débat contradictoire qu’aux décideurs. La création d’un groupe de haut niveau de personnalités, y participant intuitu personnae, est ainsi proposée. Le séminaire de février 2013 a pour objectif d’initier ce groupe et de produire un premier rapport d’interpellation politique (rapport d’alerte et de vision).

Organisation, intervenants, participants et dates



Le séminaire, initié par le CGAAER (France) et le CGDA (Maroc), est soutenu par l'AFD, Agropolis international, le Partenariat français pour l’eau (PFE) et 4 acteurs « méditerranéens » régionaux : le CIHEAM, le Plan Bleu et les ONG : IME (institut méditerranéen de l’eau) et « Échanges méditerranéens ». Les partenaires sont regroupés dans le comité d'organisation du séminaire.

Les institutions représentées au comité d’organisation

Le CGAAER, Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux, est l’instance de conseil, d’expertise, de prospective, d’inspection et d’appui à la définition et à l’évaluation des politiques publiques du ministère français en charge de l’agriculture.

Le CGDA, Conseil général du développement agricole, est chargé auprès du Ministre de l’agriculture du Maroc d’une mission d’analyse, de prospective et de réflexion stratégique.

L’AFD, Agence française de développement, agit depuis 70 ans pour favoriser le développement et lutter contre la pauvreté dans les pays du sud. La Méditerranée est une de ses zones prioritaires d’intervention.

Agropolis international, plate-forme scientifique internationale tournée sur la Méditerranée, regroupe sur Montpellier 27 établissements scientifiques et de nombreux autres acteurs du développement, dont des collectivités territoriales.

Le Plan Bleu, centre d’activités régionales financé par l’ensemble des pays riverains et par la communauté européenne dans le cadre des Nations Unies (PNUE/PAM), est chargé de produire de l’information et de la connaissance sur les enjeux environnementaux et de développement durable pour éclairer les processus de décision.

Le CIHEAM, Centre international de hautes études agronomiques méditerranéennes, instance intergouvernementale regroupant 13 pays riverains, a une mission de coopération structurée sur trois grandes activités : les formations spécialisées post-universitaires, des recherches en réseau et l’animation du débat politique régional.

Echanges méditerranéens, ONG internationale, rassemble 250 ingénieurs et universitaires des deux rives. Elle vise à renforcer les liens par le partage des connaissances et expériences pour contribuer ensemble aux réflexions sur notre avenir commun : le développement économique et social des territoires et la gestion durable des ressources naturelles.

L’IME, Institut méditerranéen de l’eau est un réseau méditerranéens d’experts réunissant des opérateurs techniques et institutionnels pour constituer un lieu d’échanges de savoir-faire, de réflexion et de discussion dans le domaine de l’eau.

Le PFE (Partenariat Français pour l’Eau) est une plate-forme d’acteurs publics et privés engagés à l’international pour diffuser leurs nombreux savoir-faire et faire inscrire l’eau dans les priorités de l’agenda politique international.

M. B. Brillet du CGEDD (Conseil général de l’écologie et du développement durable, France) participe aussi au comité en qualité de représentant de la France à la Commission méditerranéenne de développement durable (CMDD)
Les intervenants, invités à former ensemble le groupe, sont des personnalités réputées dans leurs pays respectifs ou au niveau régional pour leurs compétences et leurs engagements méditerranéens.
Le séminaire d’une durée d’un jour et demi se tiendra les 21 et 22 février 2013 à Montpellier, dans les locaux d’Agropolis international. Il est ouvert à des participants invités à travers les différents membres du comité d’organisation.

LE PROGRAMME


Le Séminaire sera introduit par le Maroc, co-initiateur du projet et conclu par la France, pays organisateur. Le programme est fixé comme suit.
Mercredi 20/02/2013
Accueil des intervenants étrangers et dîner avec les organisateurs
Jeudi 21/02/2013
09h00 Accueil (France / Montpellier) Discours d’ introduction : Mohamed Aït Kadi, Président du Conseil Général du Développement Agricole (CGDA, Rabat), président du comité technique du partenariat mondial pour l’eau
10h00 - 11h00 Session 1. La problématique méditerranéenne en regard de la problématique mondiale : une mise en perspective
 G Benoit (CGGAER, pilote du groupe eau et sécurité alimentaire du Partenariat français pour l’eau : présentation au nom du groupe « indicateurs » du SESAME) et J Jaujay (président d’Echanges Med)
11H00 – 11H15 Pause café
11H15 - 12h45 Session 2 : Présentations d’exemples de solutions et points de vue
 L’approche participative ou comment s’organiser au niveau local pour mieux gérer l’eau agricole ?
o Le point de vue de Marcel Küper (CIRAD/ICARDA Le Caire) à partir du SIRMA et autres projets de recherche et coopération
o L’exemple du projet PAP –AGIR d’appui aux GDA de Tunisie (groupements de développement agricole) pour une évolution des rapports entre agriculteurs et entre Etat, agriculteurs et groupements agricoles : M Serge Marlet (CIRAD/ IAV Rabat) et M .. (Tunisie)
 Quelle gouvernance territoriale pour une double sécurité hydrique et alimentaire à long terme ? o Le point de vue de François Molle (IRD, ICARDA) à partir de l’expérience acquise par les projets de recherche et coopération en Méditerranée orientale ; l’intérêt potentiel du projet SICMED o L’étude de cas de la Nappe Souss Massa au Maroc. Résultats de l’étude AFD / Plan Bleu / Maroc. Présentation par M. Benabderrazek (expert chargé de l’étude). Le point de vue de M. Hafidi, président de la région Souss Massa Draa.
 Le point de vue des acteurs privés : intervention par un représentant du Pôle de compétitivité eau du Languedoc Roussillon.
14h30 – 16h15, et 16h45- 18h15 Session 3. En quoi la problématique « Eau et sécurité alimentaire » nous interpelle t-elle dans nos pays respectifs ? Que viser en priorité dans son pays et en coopération ?
Le rapport « Eau et Sécurité alimentaire » interpelle les pays car c’est d’abord au niveau local et national que les défis sont posés et que les solutions doivent se trouver. Si les pays méditerranéens sont confrontés à des problèmes largement communs, les situations peuvent cependant différer notablement d’un pays à l’autre. La
troisième partie fera ressortir cette diversité de situations en donnant la parole à 6 experts nationaux, invités en une vingtaine de minutes à dire ce qui leur paraît essentiel sur 2 points :
 En quoi le rapport Eau et sécurité alimentaire interpelle t-il ? Quels atouts, faiblesses, opportunités et menaces pour le pays concerné ?
 Que viser en priorité tant au niveau national qu’au niveau de la coopération régionale ? Quelle priorité dans les politiques, institutions et process, quel deal régional pourrait-on envisager ?
Les 6 pays proposés à l’analyse (Algérie, Egypte, Espagne, Jordanie, Tunisie, Turquie) sont à la fois tous très concernés par la problématique de l’eau et de la sécurité alimentaire, et dans des situations assez spécifiques. L’Egypte, seul pays dont toute l’agriculture est irriguée, est notamment un cas unique dans la région. Dans tous les autres pays, l’agriculture pluviale et l’élevage pastoral sont importants et les déséquilibres territoriaux (entre plaines et arrière-pays arides et montagneux) prononcés. La Turquie se distingue cependant car elle est, avec la France, le seul pays riverain qui dispose d’assez d’eau et de terres pour être exportateur net. Tous les pays ont d’importants problèmes de non durabilité : surexploitation, salinisation, désertification, pertes de terres agricoles de qualité par étalement urbain, déprise agricole et rurale dans les montagnes... Plusieurs pays sont aussi confrontés au problème du coût, devenant insoutenable, des subventions à la consommation des produits de base, alimentaires et énergétiques. La Tunisie et la Jordanie, confrontées à d’importantes pénuries, sont en pointe dans les politiques de gestion de la demande en eau.
Les intervenants pressentis sont respectivement :
 M. Muhammad Shatanawi universitaire et ancien Ministre de l’eau de la Jordanie
 M. Abdelkader Hamdane, chercheur à l’Institut agronomique de Tunis et ancien directeur général du génie rural de la Tunisie.
 M. Mohamed Si Youcef, professeur à l’école polytechnique d’Alger, ancien directeur général de l’environnement de l’Algérie, auteur d’une thèse de doctorat sur « quel environnement durable en Algérie ? »
 M. Mahmoud Abu-Zeid, ancien ministre de l’irrigation et des ressources hydrauliques de l’Egypte
 M. Mahsum Burak, directeur général de la recherche et des politiques agricoles, Ankara, Turquie
 Mme Milagros Couchoud, ancienne directrice au sein du CEDEX (Espagne), présidente de l’Institut méditerranéen de l’eau
M. Jean-Luc François, responsable de l’agriculture et du développement rural à l’Agence française de développement, proposera enfin une lecture plus régionale de la question.
Vendredi 22/02/2013
09h00-10h30 et 11h-12 h Session 4 : Eau et sécurité alimentaire en Méditerranée : quelle vision pour l’avenir ? Les points de vue de personnalités et de scientifiques méditerranéens engagés
La 4ème partie a pour objectif d’enrichir l’analyse par des paroles libres de personnalités engagées pour la Méditerranée. Leurs interventions permettront de croiser des regards de diverses disciplines (économique, sociologique, agronomique, écologique, droit, sciences politiques et développement territorial) et de contribuer à l’élaboration du rapport d’interpellation. Les intervenants seront invités à dire ce qui leur paraît essentiel en termes de vision et de conditions du nécessaire changement. Les interventions envisagées sont les suivantes :
 M George Corm, spécialiste de la Méditerranée contemporaine, professeur à l’université St Joseph de Beyrouth, donnera son point de vue d’économiste et de politologue. Il pourra notamment développer les conditions d’un changement de paradigme dans les pays et au niveau euro-méditerranéen.
 M. Grigori Lazarev, donnera le point de vue du géographe et du sociologue rural, sur l’avenir des zones arides et montagneux du sud et de l’est de la Méditerranée, lesquelles regroupent la plus grande part de la population rurale pauvre et vulnérable de Méditerranée, et sur le « quoi faire » et le « comment faire » pour sortir d’approches technicistes inefficaces afin de restaurer les écosystèmes productifs.
 M. Mahmoud Solh, directeur général de l ‘ICARDA donnera le point de vue de l’agronome. L’intervention fera ressortir les risques d’impasses actuels, les marges de progrès possibles et les conditions fondamentales d’un passage à une agriculture durable dans les zones sèches de Méditerranée et dans le contexte de changement climatique, d’aridité et de pénurie d’eau croissantes.
 Mme Houria Tazi, présidente de l’association Maghreb-Machreq pour l’eau, membre du conseil mondial de l’eau et auteur de la thèse d’état intitulée : « du droit à de l’eau au droit à l’eau », donnera le point de vue du juriste sur « droit à l’eau et à l’alimentation et changement de paradigme ».
 M Gérard Viatte, ancien directeur de l’agriculture à l’OCDE et conseiller auprès de la FAO, traitera des implications de la problématique de l’eau pour les politiques, les institutions et la gouvernance du local au régional, en termes de vision et d’action.
Des débats avec la salle permettront d’enrichir la réflexion et les propositions.
12h00 – 12h30 Conclusion
 Bertrand Hervieu Vice-président du CGAAER, ancien secrétaire général du CIHEAM et ancien responsable de la recherche agronomique française
12h30 Cocktail

Suite du séminaire


Le groupe, assisté des membres du comité d’organisation, préparera le rapport d’alerte et de vision que les différents partenaires et participants s’attacheront à diffuser largement.