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9ème SEMINAIRE INSTITUTIONNEL

Plan Maroc Vert - Quelles politiques, institutions et méthodes pour favoriser l’accès au marché de la petite agriculture?
Rabat, Salle du Conseil Général. Mardi 30 novembre 2010

NOTE DE PRESENTATION

LE CONTEXTE



1. Le Pilier II du Plan Maroc Vert, consacré au développement solidaire de la petite agriculture, concerne principalement les zones plus difficiles (montagnes, oasis, plaines et plateaux du semi-aride) et les plus pauvres d’entre elles. Les agro-systèmes des zones concernées concernent les 2/3 de la SAU et 80% des populations agricole et rurale du pays.
Les enjeux sont à la fois de développement économique, de sortie de la pauvreté, de sécurité alimentaire et de stabilité, ainsi que de gestion durable des ressources naturelles, base du système productif.
Il vise à améliorer de façon substantielle le revenu de 500 à 600.000 exploitations par l’accroissement de la valeur ajoutée des produits (et pas seulement de la quantité) pour améliorer les revenus au niveau de l’exploitation et du territoire.
Le Plan Maroc Vert est tourné vers les acteurs et les opérateurs (producteurs, leurs groupements et les communautés locales) et il s’appuie sur une logique de projets et de contractualisation au niveau régional. Pour permettre la mobilisation et la responsabilisation des acteurs, la mise en œuvre des financements est principalement prévue dans le cadre de « plans de progrès » des systèmes d’exploitation individuels, de leurs groupements et des territoires.

2. Les territoires concernés par le Pilier II peuvent en effet s’appuyer sur des atouts spécifiques :
- La diversité, la typicité et la qualité des produits et l’engagement nouveau du Maroc dans une politique de promotion des signes de qualité (IGP, AOP, labels),
- La diversité et la qualité des terroirs, cultures et paysages et l’important potentiel d’attractivité de ces régions pour un tourisme vert externe et domestique,
- La demande croissante des touristes et des marchés nationaux et internationaux pour les produits de terroir, produits bio et produits « gourmands » et pour le tourisme vert,
- Les fortes solidarités des communautés locales et leurs savoir-faire.

3. L’accès et l’intégration des petites et moyennes exploitations au marché représentent un enjeu majeur compte tenu de leur rôle déterminant pour l’amélioration de la valeur ajoutée et des revenus des producteurs agricoles et de leur territoire.
Transformer les exploitations traditionnelles en « entreprises », les professionnaliser, et faire accéder l’économie paysanne à l‘économie marchande représente toutefois une véritable révolution économique, sociale et culturelle.
L’agriculture de ces régions va devoir également s’organiser dans le cadre de démarches collectives, fédératrices, permettant de réunir les producteurs individuels volontaires et d’atteindre ainsi la masse critique, le seuil économique pour la mise en marché. Le processus de valorisation des produits nécessite une (ré)organisation de la filière, de la fourche à la fourchette.

4. De nouvelles « économies de terroir », construites autour de produits phares et de « paniers de biens et de services », valorisant les spécificités des territoires et les nouvelles opportunités de marché, se sont ainsi fait jour dans de nombreuses montagnes de la rive nord de la Méditerranée.
De premiers exemples très encourageants de réussites locales, qui concernent de nombreux produits, de terroir et autres, ont émergé ces dernières années dans les montagnes et oasis . Ils plaident pour donner priorité à la valorisation par l’aval.
La valorisation en aval, par regroupement de l’offre, du conditionnement, de la transformation et de la commercialisation, peut permettre en effet de créer d’importantes plus values et avoir un effet d’entrainement, d’innovation aux niveaux des systèmes d’exploitation et du territoire. Cette approche pose néanmoins la question du changement d’échelle par regroupements successif de groupements.
La « petite région » (cercle administratif) peut constituer le niveau d’interface primordial où se consolident les différents services d’amont et d’aval nécessaires à la professionnalisation de l’agriculture (transports, agences de micro-crédit et de crédit agricole, service de vulgarisation/conseil du développement, centres de formation, souks, fournitures d’intrants agricoles, petits abattoirs ruraux, services vétérinaires,… ).

Quelles politiques, institutions et méthodes pour favoriser l’accès au marché de la petite agriculture?



Dans ce contexte, le séminaire s’attachera à identifier comment les pouvoirs publics, le secteur privé, les professionnels et la société civile, en particulier les consommateurs, pourraient agir ensemble au niveau national et méditerranéen, en mobilisant les dispositifs, outils et moyens dont ils disposent pour créer un environnement favorable, entre autres pour :
- Mieux identifier la/les demandes des consommateurs aux niveaux local, régional, national et sur les marchés internationaux, tant en terme de type de produits (bruts ou transformés), que de type de qualité recherchée (sanitaire, organoleptique, santé, etc.) ;
- Préciser les avantages comparatifs et spécificités des territoires ;
- Encourager et accompagner l’adaptation des systèmes d’exploitation pour répondre à la demande (diversification, productivité de la terre et du travail, gestion des ressources naturelles, etc.), par des mesures incitatives (promotion des approches partenariales, mise en œuvre de dispositifs contractuels, subventions), par la recherche, l’accompagnement des producteurs et des communautés rurales, et la formation, notamment entrepreneuriale (marketing, négociation, commercialisation, etc.) ;
- Améliorer les conditions d’accès au foncier, au crédit et autres mécanismes de financements ;
- Désenclaver les territoires (infrastructures, …) ;
- Constituer ou adapter les structures de regroupement et stockage de l’offre, de transformation ou de conditionnement au plus proche de la zone de production pour conserver la valeur ajoutée sur le territoire ;
- Mettre en place un système d’information sur les prix et marchés adapté aux conditions locales de diffusion ;
- Valoriser et promouvoir les produits, par exemple par le packaging et le marketing, par la promotion des signes de qualité et d’origine géographique, et par l’encouragement de nouveaux modes et circuits de commercialisation ;
- Favoriser l’organisation collective et la constitution de réseaux de producteurs et de territoires.

OBJET DU SEMINAIRE



Le 9ème Séminaire institutionnel du Conseil a trois grands objectifs :

1- Mettre en évidence les principales contraintes entravant l’accès au marché local et national des PMEA et, a contrario, les facteurs favorisant ;

2- Identifier des dispositifs et/ou modalités ayant fait leurs preuves au Maroc ou dans d’autres pays ;

3- Contribuer à l’identification de politiques publiques et de mécanismes institutionnels pouvant créer un environnement favorable et avoir un effet de levier pour l’accès au marché des petites et moyennes exploitations.
La réflexion collective s’appuiera sur :
- Les premiers acquis et premières leçons tirées de la mise en œuvre du pilier 2 du Plan Maroc Vert au niveau régional dans le cadre des Programmes agricoles régionaux.
- La présentation des premiers résultats d’études en cours et/ou conduites au Maroc, à l’initiative du Ministère de l’agriculture et de la pêche maritime (Direction de la stratégie et des statistiques), celle du Conseil général du développement agricole ainsi que du travail conjoint IFPRI-FIDA.
- La présentation de l’expérience d’autres pays, notamment la France (Ministère de l’agriculture, de l’alimentation, de la pêche, de la ruralité et de l’aménagement du territoire, Conseil général de l’alimentation, de l’agriculture et des espaces ruraux – Association Terroirs et Cultures)

LE PROGRAMME

Lundi 07/12/2009

09H00         Accueil des participants
09H30         Etude de cas IFPRI-FIDA dans le cadre du Partenariat stratégique pour le développement de politiques innovantes visant l’atténuation du changement climatique et l’accès au marché, Maximo Torero et David Laborde, IFPRI (exposé 20’, questions/réponses 10’)
10H00         Marketing des produits et des territoires, Fathia Fort, Maitre de Conférences, Montpellier-SupAgro-IRC (exposé 20’, questions/réponses 10’)
10H30         L’expérience française, en particulier en matière de circuits courts, Sophie Villers, Ministère de l’agriculture, de l’alimentation, de la pêche, de la ruralité et de l’aménagement du territoire, CGAAER (exposé 20’, questions/réponses 10’)
11H00         Pause café
11H30         Premières réflexions issues de l’étude stratégique de développement des produits du terroir, Cabinet d’études stratégiques Boston Consulting Group (exposé 20’, questions/réponses 10’)
12H00         Les petites et moyennes exploitations agricoles face aux structures de supermarchés, Professeur Akka Ait Makki (exposé 20’, questions/réponses 10’)
12H30         Contribution du Forum Planète Terroirs sur cette thématique et suites envisagées au Maroc, Eric Barraud, Délégué général, Association Terroirs et Cultures (exposé 20’, questions/réponses 10’),
13H00         Déjeuner
14H00         Le point de vue des régions
11H15         Région de Tanger-Tétouan, M. Mostapha Hassani
11H30         Région de Meknès-Tafilalet, M. Hidane
11H45         Région de Marrakech-Tensift-El Haouz, M. El Harass
12H00         Discussion
15H00         Présentation du réseau mondial Agri Benchmark, Gunther Feiler, FAO, bureau sous-régional pour l’Afrique du Nord
15H15         Synthèse des débats (objectifs 1, 2 et 3 du séminaire), conclusion

PARTICIPANTS


Participants étrangers
  1. André Hupin,         (Représentant de la FAO au Maroc)
  2. Sophie Villers         (CGAAER)
  3. Maximo Torrero         (IFPRI)
  4. Gunther Feiler         (FAOSNE)
  5. David Laborde         (IFPRI)
  6. Eric Barraud         (Délégué général de l’Association Terroirs et Cultures)
  7. Fort Fatiha         (Montpellier-SupAgro-IRC )
  8. Karine Lagarde         (Association Terroirs et Cultures)
  9. Guilhem Calvo         (Expert auprès de l’UNESCO et de Terroirs et Cultures)

  10. Participants nationaux
  11. M. Hajjaji         (Directeur ADA)
  12. Hamid BenAazou         (Directeur ONSSA)
  13. B. Saoud         (Directeur ANDZO)
  14. Abir Lamseffer         (Directrice DSS)
  15. M. Badraoui         (Directeur de l’INRA)
  16. Akka Oulahboub         Directeur DEFR)
  17. M. Bentouhami         (Directeur DDFA)
  18. Mostapha Hassani         (DRA de Tanger-Tétouan)
  19. M. El Harras         (DRA de Marrakech-Tensift-El Haouz)
  20. M. Hidane         (DRA de Meknès-Tafilalt )
  21. A. Khanouffi         (Chef de la division du développement des produits de terroir)
  22. L. Kenny         (Prof. IAV Hassan II)
  23. A. Laouina         (Prof. Université Med V)
  24. M. Naciri         (Professeur)
  25. M. Berriane         (Prof. Université Med V)
  26. Akka Ait Mekki         (Prof. ENA)
  27. M. Milourhmane         (Coordonateur projets FIDA)
  28. M. Boujnah         (INRA)
  29. Mohamed Ait Kadi         (Président CGDA)
  30. Dominique Legros         (CGDA)
  31. Abdelkrim Rahali         (CGDA)
  32. Khalid Bouchamma         (CGDA)