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8ème SEMINAIRE INSTITUTIONNEL

Plan Maroc vert – Mise en œuvre des Programmes Agricoles Régionaux Emergence de leaders agricoles, rôle de l’Etat et engagement de la Profession agricole
Rabat, Salle du Ministère de l’Agriculture. Lundi 7 Décembre 2009

NOTE DE PRESENTATION

LE CONTEXTE



1. La mise en œuvre du Plan Maroc Vert s’organise au triple niveau national, régional et local. Elle a déjà conduit à des réformes importantes avec notamment :
- la création de l’Agence de Développement Agricole (ADA) au niveau national,
- la création de nouvelles Directions Régionales de l’Agriculture (DRA), dotées d’une forte autorité administrative,
- l’élaboration et l’adoption de premiers Programmes Agricoles Régionaux (PAR).

2. La création des DRA et l’élaboration des PAR concrétisent la reconnaissance de la région comme :
- l’échelle privilégiée de la planification,
- l’échelle de l’impulsion et du contrôle des activités des niveaux provinciaux et locaux,
- l’échelle à laquelle le niveau central souhaite déléguer tout ce qui peut l’être pour accélérer la prise de décision et renforcer l’efficacité de l’action.
Elles traduisent la volonté de notre pays d’une meilleure prise en compte des spécificités territoriales dans ses politiques de développement et d’une plus grande décentralisation et déconcentration dans leur mise en œuvre.

3. L’échelle provinciale/locale n’est pas moins importante que l’échelle régionale. C’est en effet celle de l’intermédiation avec les acteurs locaux et de l’action concrète de mise en œuvre du Plan Maroc Vert sur le terrain. Elle est essentielle notamment pour le Pilier II dédié au développement solidaire de la petite agriculture dans les zones difficiles des montagnes, plaines et plateaux semi-arides et oasis qui regroupent à elles seules 70% des exploitations du pays. Les Directions Provinciales de l’Agriculture et les Centres de Travaux et Centres de Mise en Valeur des Offices Régionaux, structures de proximité au contact des populations agricoles, ont donc un rôle très important à jouer pour la mise en œuvre du Pilier II.

4. Le Plan Maroc Vert est tourné vers les acteurs et les opérateurs et il s’appuie sur une logique de projets et de contractualisation.
- La modernisation accélérée des petites et moyennes exploitations agricoles (PMEA) pour atteindre à terme le « million d’entreprises agricoles » est un objectif fondamental. Ces exploitations relevant pour l’essentiel du milieu local, c’est à ce niveau que l’effort de professionnalisation et de structuration doit donc d’abord s’organiser. Ceci suppose d’encourager la modernisation des PMEA volontaires, prêtes à s’engager dans des stratégies d’entreprises et de promouvoir, soutenir et développer des systèmes d’agrégation. La modernisation des exploitations et les systèmes d’agrégation permettront aux agriculteurs concernés de progressivement développer des relations avec des opérateurs situés au niveau provincial, régional, voire national et international, et donc d’accéder aux marchés et de s’inscrire avec succès dans les chaînes de valeur. Les objectifs plus larges sont l’émergence et la consolidation dans la durée de nouvelles dynamiques de développement agricole et rural durable dans les territoires, l’amélioration des revenus des exploitations (et donc la réduction de la pauvreté), la création durable de valeur ajoutée et d’emplois, la consolidation de la sécurité alimentaire et le maintien des équilibres urbain/rural.
- Le Plan Maroc Vert entend associer étroitement les organisations professionnelles agricoles situées aux niveaux national, régional, provincial et local ainsi que les autres nombreux partenaires, publics, associatifs et privés, concernés par le développement agricole et rural dans les territoires et qui peuvent contribuer à sa mise en œuvre. Chaque PAR a fait l’objet de la signature d’un Contrat Agricole Régional qui engage le Département de l’Agriculture, la Wilaya, le Conseil Régional et la Chambre d’Agriculture Régionale.
- Les PAR se sont donnés un nombre limité d’ambitions prioritaires au niveau régional, avec des objectifs de résultats à atteindre. Il en résulte des premières « offres agricoles régionalisées » qui doivent permettre d’engager les partenaires et de mobiliser les fonds régionaux et nationaux, les organismes de crédit, les investisseurs, ainsi que les bailleurs de fonds et les agences de coopération désireux de soutenir la mise en œuvre du Plan Maroc Vert. Pour permettre la mobilisation et la responsabilisation des acteurs (notamment les exploitations et leurs groupements), et encourager leur engagement dans des stratégies d’entreprises, la mise en œuvre des financements se fera principalement dans le cadre de « plans de progrès » des exploitations individuelles, de leurs groupements et des terroirs.

5. La mise en œuvre opérationnelle des PAR sur le terrain nécessite de faire émerger et de soutenir financièrement des projets concrets opérationnels. Une série de projets, notamment relatifs au Pilier I (projets d’agrégation agro-industriels), ont déjà fait l’objet de mobilisation et de décisions de financement. S’agissant du Pilier II, le Conseil qui y a consacré son 7ème Séminaire institutionnel, a développé des propositions sur le « comment » de sa mise en œuvre. Le rapport qui en a résulté met l’accent sur les processus d’élaboration des projets et sur l’importance d’une réorganisation de la filière technologique et des financements pour appuyer les acteurs locaux. De nouveaux rôles sont proposés pour la vulgarisation et donc pour les structures de proximité. Un Centre de Ressources dédié au Pilier II (le CRPII) sera en outre créé pour animer le système de la filière technologique, du niveau local au niveau national, capitaliser les expériences de développement, affiner les méthodologies des projets de développement et les méthodologies de formation, organiser des formations (de cadres de l’administration, agents de développement et leaders agricoles locaux) et stimuler la recherche-action.

6. La mise en œuvre des PAR impose par conséquent de poursuivre l’effort de redéploiement de l’Etat, de renforcer les partenariats avec les agriculteurs et leurs organisations professionnelles, à toutes les échelles territoriales, et de mettre à niveau les ressources humaines, condition sine qua non de la réussite du développement agricole.
L’implication renforcée des agriculteurs dans la dynamique de changement s’impose d’autant plus que ce sont les agriculteurs qui font l’agriculture et qui décident de la production. Placés au centre de tout dispositif de changement dans lequel s’engage le secteur agricole, ils doivent par conséquent être responsabilisés et pouvoir prendre des initiatives. Leur implication dans la dynamique de changement a pour corollaire une redéfinition du rôle de l’Etat, non pas vers un « moins d’Etat » mais vers un « mieux d’Etat », sur la base de nouveaux rapports avec les producteurs.
Dans ce sens, il importe de :
- Favoriser l’émergence de nouvelles générations de « leaders professionnels agricoles » ; et
- Renforcer la représentation des agriculteurs dans des cadres organisés, c'est-à-dire, notamment, les Chambres d’Agriculture, et leur participation dans la mise en œuvre des PAR.

7. L’émergence de « leaders agricoles » est notamment d’importance stratégique car :
- La réussite d’une politique agricole publique, surtout d’une politique donnant priorité à la professionnalisation et structuration de l’agriculture, suppose d’y faire adhérer tous les agriculteurs qui, même en agriculture traditionnelle, sont autant de centres de décisions autonomes. Leurs leaders jouent par conséquent un rôle d’intermédiaires incontournables dans les deux sens : des pouvoirs publics vers les paysans et de ceux-ci vers les autorités.
- Les leaders peuvent faire exemple pour entraîner d’autres exploitations dans leur sillage ou obtenir l’engagement de communautés locales ou de groupements d’exploitations ou coopératives dans une dynamique de projet et de développement.
Des systèmes de formation innovants permettant d’y contribuer méritent par conséquent d’être imaginés.

8. S’agissant des Chambres d’Agriculture, la nouvelle loi du 18 février 2009 a prévu que les Chambres, devenues Chambres Régionales, ont pour mission de représenter le secteur de l’agriculture auprès des pouvoirs publics locaux, provinciaux, régionaux et nationaux. Elles peuvent donner des avis, faire des propositions et présenter des requêtes relatives à l’agriculture et au développement rural et elles participent à l’élaboration de plans ou options en vue de développer des partenariats avec les organismes gouvernementaux et non gouvernementaux. Elles « peuvent » par ailleurs contribuer à la vulgarisation, à la formation, à l’information, à l’appui de l’investissement et de l’emploi, réaliser des projets, etc. Si les Chambres sont aujourd’hui clairement associées à l’élaboration et au suivi des PAR au niveau régional, il convient de mieux préciser ce que pourrait être leur rôle au niveau de la mise en œuvre en articulation avec les structures de l’Etat et de la filière technologique.

OBJET DU SEMINAIRE



Le 8ème Séminaire institutionnel du Conseil a deux grands objectifs :
- Explorer les évolutions souhaitables de gouvernance Etat/Profession et d’articulation Etat/Chambres d’Agriculture dans la mise en œuvre des PAR (notamment leurs composantes Pilier II), aux différentes échelles d’intervention,
- Discuter des principes directeurs et des méthodes de formation et d’accompagnement pouvant contribuer à l’émergence de leaders agricoles et organisations professionnelles économiques.
La réflexion collective s’appuiera sur :
- la présentation de l’expérience d’autres pays, notamment la France, l’Allemagne et l’Espagne, et sur les leçons qu’on peut en tirer,
- les acquis de l’expérience et de la réflexion marocaine et le nouveau contexte national du Plan Maroc Vert et des évolutions institutionnelles (Etat, Chambres d’Agriculture, Associations Professionnelles..).

LE PROGRAMME

Lundi 07/12/2009

08H30         Accueil des participants
09H00         Ouverture
09h30         Le partenariat Etat/Profession dans la mise en œuvre du Plan Maroc Vert.
09h30         Le point de vue de la Confédération marocaine de l’agriculture et du développement rural (COMADER) M A Ouayach, Président
09h50         Le point de vue de l’Association Nationale des Chambres d’Agriculture M Bentaleb, Président
10h10         Discussion
10h30         Pause café
11H00         Les expériences de 3 autres pays
11H20         L’expérience française. M Serge Gay, Directeur de la Chambre d’Agriculture du Lot (exposé 20’, questions/réponses 10’)
12H00         L’expérience allemande: Role, functioning and interaction of the major German institutions in the agriculture sector.
                    Prof. Dr. Markus Hanisch; Humboldt University of Berlin-Faculty of Agriculture and Horticulture (20’ + 10 ‘)
12H30         L’expérience espagnole. M Alejandro Terriza, BIOAURUM (20”+ 10’)
13H00         Déjeuner
14H30         Panel : quelles formations et quelles méthodes pour l’émergence de leaders professionnels agricoles ?
                    Modérateur du Panel : Pr. Mohamed Alaoui
14H30         Introduction : témoignage de, M Dominique Chardon.
                    Ex Secrétaire Général de la FNSEA, ancien Président de l’IFOCAP (institut de formation des cadres paysans), Président de Terroirs et Cultures.
14H50         Interventions de membres du Panel du Conseil
                    M Akka Oulahboub, Directeur de l’Enseignement, de la Formation et de la Recherche : dispositifs actuels au Maroc, perspective du CRPII
                    M Hervé Bichat, ex Directeur général de l’enseignement et de la recherche et Directeur général de l’INRA (France)
                    M Khalid El Harizi, Chargé de l’innovation à la Division des politiques agricoles du FIDA , Rome
                    Dr Markus Hanish, Professeur, Université de Humboldt
                    M Gunther Feiler, Chargé des politiques agricoles au Bureau sous régionale de la FAO, Tunis
16H00         Discussion
16H30         Pause café
17H00         Synthèse et conclusion